BangBang : bangbangblog.com

Podmodernisme

What a long, strange trip it’s been : mon week-end au Rock Fest de Montebello

André Péloquin
17 juin 2012

J’ai vu une fille faire pipi appuyée contre une benne à ordure, j’ai vu des enfants de huit ans (environ) poings levés, debout sur les épaules de leurs parents, pendant la prestation de The Exploited, j’ai vu une starlette de la porno sauter à pieds joints sur un masque de Guy Fawkes pour introduire Anonymous (le groupe de musique, bien sûr) à la foule, j’ai vu un type avec un tatouage de scorpion qui n’avait pas de regrets. J’ai vu la guerre (guerre!), la victoire était au bout de leurs fusils… bref, j’étais de la septième édition du Rock Fest de Montebello.

Mieux encore, j’y étais incognito. Sans filet, sans permis d’arme, sans passe média (l’organisation voulait une couverture pré-événement tirant plus vers le promotionnel que le contenu… puis bon; 75 $ pour une telle programmation, c’est presque donné). J’y étais aussi avec trois amis d’enfance. Nous étions quatre (qui ne voulions pas vraiment nous battre) : deux jeunes papas, deux « geeks » entre deux chaises de bureau, quatre panthères assoiffées de viande rock (…mettons).

Arrivée : vendredi midi. On « squatte » dans un gîte référé par le collègue Mike Savard. Moulures en bois, cachet ancien, lits confortables, douche, accès wi-fi. Pas de doute, Mike Savard est une petite fille douillette lorsqu’il sort de la ville.

Aparté : on se rappellera que, l’année dernière, j’ai connu mon Viet Nam : un terrain de camping de brousse muni de deux toilettes sèches… pis that’s it. Cette année : le confort, la luxure et 24 bières englouties en moins d’une heure pour célébrer nos retrouvailles. On loupera donc The Hunters. On vient juste d’arriver et y’a déjà du « drama » et des rots trop audibles. J’adore!

Super orgie du vendredi…

Petit problème de logistique à l’arrivée : le festival s’est muni d’une douzaine de guichets permettant aux mélomanes de récupérer les bracelets donnant accès au site, mais seulement quatre d’entre eux sont réservés aux détenteurs de billets. La file est longue, la température est chaude, la sueur perle sur le tatouage de la pochette de « The Wall » de mon voisin de file. Est-ce l’alcool ou le terrain est en pente? Pendant ce temps, du côté des six files réservées aux acheteurs sur le Web : pas un chat, ou si peu. Finalement, le terrain était incliné ET l’alcool jouait sur l’équilibre. Bon à savoir.

Arrivée sur le site alors que Goldfinger monte sur scène. J’ai 15 ans à nouveau et John Feldmann est dans une forme redoutable. Tiré à quatre épingles, le chanteur et guitariste a mené sa troupe à travers tous ses « hits » de « Mable » à leur reprise de « 99 Red Balloons ». J’ai un peu honte, mais je m’amuse ferme.

Puis vint une succession de formations au son et aux noms interchangeables : A Gunshot Ride, Blackguard, Far From Reality, This Is A Fake Name et We Sound The Same (je déconne pour les deux derniers, en passant). À 16 h, Good Riddance montait sur scène. Quelle formation sur le contrôle automatique! Soit c’était la pression des pairs, soit c’était la Wildcat, soit c’était le manque total de goût lorsque j’étais adolescent (certains diront que ça se poursuit), mais ouache!

En passant, j’ai manqué la prestation de The Devil Wears Prada. J’ai vu le film par contre, c’est pas pire dans son genre…

Pause au gîte, d’autres bières. On y trouve un lecteur VHS ainsi qu’un exemplaire de L’Arme Fatale II. On se promet de la regarder d’ici la fin du week-end (on laissera finalement tomber).

De retour sur le site à temps pour The Planet Smashers. Réglons un truc : t’as vu un concert des Planet Smashers, tu les as tous vus… mais tu veux quand même les revoir. Matt Collyer et ses sbires avaient la joie de vivre scotchée à onze et ce plaisir était contagieux. Même que Guillaume Beauregard, chanteur de Vulgaires Machins et personne distrayante sur Twitter, s’est retrouvé sur scène pendant « Super Orgy Porno Party » pour « skanker ». Encore une fois : j’ai 15 ans. J’espère encore gagner ma vie en devenant réalisateur de vidéoclips ou en tenant ma propre boutique de disques. J’ai foi en l’avenir, t’sais.

Effet de déjà vu lors de la prestation du collectif metalcore As I Lay Dying. Alors que le chanteur Tim Lambesis fait son « move » du parfait petit chanteur metal (mettre un pied sur un moniteur tout en gonfant sa poitrine), ça me revient : « Calisse! C’est mon bonhomme dans Skyrim! Salut bonhomme! »

Puis vint Vulgaires Machins qui, après une tournée acoustique, renouait avec l’électricité. Prestation énergique, réglée au quart de tour. Wham, bam, merci madame.

On termine la soirée avec Bad Religion. Prestation lourde, minée par une sono déficiente (du moins, du côté gauche de la scène) et un Greg Gaffin qui semblait un peu bougon.

Un samedi en forme de gueule de bois…

Pour l’amour du ciel, achevez-moi. Mettez-moi un pistolet dans la bouche et appuyez sur la gachette jusqu’à ce que ça fasse « click, click, click ». Bref, j’ai mal à la tête et j’ai un sale coup de soleil. Je ne suis plus incognito. Je suis un Tabarnacos.

On titube au site juste à temps pour la prestation d’Attack Attack!. Quel groupe terrible! Groupe mi-metal, mi-toune d’Enrique Iglesias (je vous jure! y’a des bouts vraiment « disco-pop » entre deux séances de « criages »), Attack Attack! tente de se défaire de son étiquette d’artiste chrétien et échoue lamentablement en ponctuant ses pièces de discours mielleux à la « Certains vous diront que vous êtes bons à rien, mais croyez tout de même en vous! » Ai-je huit ans? Suis-je de retour à l’école primaire? Es-tu un ancien toxicomane qui s’est reconverti en motivateur, jeune chanteur d’Attack Attack!?

Puis vint Hugo Mudie et Fred Jacques, livrant un concert à saveur folk qui était la bienvenue et qui soulève une question au passage : y’a tellement de punkeux qui ont des projets folk, pourquoi ne pas en booker davantage en début de journée? Come on!

On tourne la tête vers la scène principale alors que Reel Big Fish monte sur les planches. Chouette prestation, bien que Goldfinger garde la palme de la meilleure prestation d’un groupe à saveur ska présent au festival cette année. C’est rare qu’on le mentionne, alors allons-y : le chanteur Aaron Barrett porte toujours des chemises hawaïennes, mais demeure un crisse de bon guitariste. Ça s’annule, bon.

Pause au gîte pour une petite sieste, mais permettez-moi de citer l’ami Dominic au passage : « Y’a un band qui s’appelle Slasher Slashing. Slasher Slashing! C’est un peu paresseux comme nom d’band ». Il a absolument raison.

De retour sur le site, on croise des zigs recouverts de teinture rouge sanguinolente. « Merde! J’ai manqué GWAR! » Je me risque pour ajouter Karkwa à la liste des groupes qu’on aimerait voir au festival en 2013 et je me trouve très drôle (j’vous l’ai dit que j’suis lendemain de veille, bon).

Mince consolation, je ne manquerai pas les légendes vivantes que sont The Exploited qui jouera un « set » mercuriel qui, bizarrement, sera aussi ponctué du moment le plus « cute » du festival : deux jeunes filles, poings levés, hissées sur les épaules de leurs parents, alors que la troupe de choc britannique entonne « Sex And Violence ».

De retour sur la scène MusiquePlus, la starlette de la porno Vandal Vyxen introduit Anonymous (le groupe de musique) en récitant le credo d’Anonymous (le groupe Internet) avant de détruire un masque de Guy Fawkes sur scène. Le lendemain, je ne comprends toujours pas le rapport, mais bon. Prestation à fond la caisse des poilus. Rien à redire.

Puis, la bande de Sublime With Rome prend le contrôle de la grande scène. Bien que Rome Ramirez possède une voix aussi impressionnante que conviviale, s’apprêtant à plusieurs genres. Je ressens toujours le même malaise lorsqu’il reprend du matériel de Bradley Nowell. Lorsqu’il entonne du Nirvana, par contre…

Puis de retour au gîte pour entamer la rédaction de ce compte-rendu. Et Dream Theater dans tout ça? J’ai quand même mes limites…

Et puis après?

En dépit de quelques problèmes de sonos et de logistiques (rien de dramatique, heureusement), la septième édition du Rock Fest aura été plutôt sympathique, réunissant une foule bigarrée (allant des métalleux aux « jocks » en passant par des fugueuses et des chroniqueurs musicaux qui ont le calembour facile). Un public qui, finalement, était à l’image d’une programmation étonnante qui proposait « un peu de tout » sans se perdre dans le grattage de dos collectif, la pipe goulue de commanditaires ou le copinage coulant (allô le Warped Tour!).

Outre le souhait qu’on inclue davantage de projets punk folk lors de la prochaine édition, on espère aussi que la direction du Rock Fest renippera sa stratégie verte; les poubelles sur le site étant une denrée rare alors que les bacs de recyclage, eux, tenaient de la légende urbaine (j’en ai vu qu’un et, croyez-moi, j’en cherchais!).

Afin de limiter le gaspillage des gobelets en plastique, pourquoi ne pas vendre un « bock » réutilisable? Ça représenterait une nouvelle source de revenus en plus de servir de souvenir au passage.

Bien sûr, l’équipe du festival n’est pas la seule responsable dans tout ça.

À en juger certains agissements – j’ai vu un type fourrer des cannettes vides dans la boîte aux lettres d’une maison située tout près du site -, certaines personnes – intoxiquées ou pas – se transforment en véritables porcs lorsqu’ils se retrouvent loin de la maison. Sans vouloir verser dans le prêchi-prêcha, ce genre de gestes – qui ne sont pas légion, heureusement – pourraient nuire au festival au fil des années. Bien que le conseil municipal de Montebello voit le festival d’un bon œil – assez pour voter à l’unanimité sa reconduction jusqu’en 2014 -, suffirait qu’une poignée de citoyens éreintés se liguent ensemble pour saler la lune de miel.

À l’année prochaine? Le gîte est déjà réservé!

3 commentaires
  • Charles Miller
    17 juin 2012

    Le camping #3 était vraiment vaseux! Et effectivement, il manquait de poubelles. Pour mes coups de coeur : Le chateur de Gwar mangeant un bébé, les superbes performances hardcore des bands Obey the Brave, Terror et nos chums de Québec Get the shot, le lac qui où il est impossible d’atteindre la fin de la glaise (100 pieds du bord…) et les deux filles qui se sont frenchés en montrant leurs nipples! Moi et les membres de mon bands on compte y aller représenter Charlevoix l’an prochain! Check that out! https://www.facebook.com/wevelostjenny

  • [...] Si ça vous dit toujours, cliquez ici! [...]

  • Mike Savard
    17 juin 2012

    Heille, j’suis pas une fillette, je suis juste accro à la ratine brune!

Laisser un commentaire

Podmodernisme

Blogue d'André Péloquin. C'est pas mal ça!

Syndication RSS

BLOGUE
COMMENTAIRES
iweb