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Podmodernisme

Weezer, Antoine Corriveau, Simon Kingsbury et Sarah Toussaint-Léveillé participaient aux Francouvertes hier soir (oui, oui)

André Péloquin
15 février 2012

Weezer fêtait son 20e anniversaire ce mardi. 20 ans! J’écoute les mêmes chansons depuis une vingtaine d’années Pire encore, ça fait 20 ans que je ressasse leurs premières pièces entre deux disques plus récents. 20 ans, man…

Bienvenue à la seconde ronde des préliminaires des Francouvertes…

Primo, allez lire le compte-rendu de Claudia Boutin. Celui-ci est touffu et a été rendu à chaud, tard hier soir. Tout ça pour dire que Boutin est une téteuse qui fait ses devoirs d’avance et que je ne suis pas du tout en retard dans ma couverture de l’événement, oh non.

Prestation que j’attendais avec impatience, Sarah Toussaint-Léveillé n’a pas déçu. Malgré une nervosité palpable, la chanteuse et ses accompagnateurs ont brisé la glace admirablement. Mieux encore, ils ont entraîné le public avec eux.

Bien qu’on ait apprécié la virtuosité et l’esprit de corps – tout particulièrement la chimie entre Toussaint-Léveillé et sa vibraphoniste et choriste Joëlle Saint-Pierre – le « paysage » sur scène aurait pu être plus dynamique. Heureusement, la théâtralité animant la chanteuse sauvera la mise.

Quelque part entre M, Mademoiselle K, Ariane Moffatt, voire Random Recipe, Sarah Toussaint-Léveillé flirte avec la pop, bien sûr, mais aussi le folk, la musique du monde (en considérant ses inclinaisons manouches) et même le hip-hop (en ponctuant certains morceaux de beat boxing). Cet éclatement des genres est autant la force que la faiblesse de l’artiste qui a parfois tendance à surcharger ses compositions.

Sa pièce introductive – la sympathique « Va te faire foutre » – est un peu longuette et contient, à elle seule, assez d’idées pour produire deux ou trois autres chansons. Bref, j’avais l’impression de me claquer les 40 fins de Lord Of The Rings pour la énième fois.

Le charme opère tout de même et Sarah Toussaint-Léveillé se retrouvera à la troisième marche du podium du top six actuel des Francouvertes.

Commentaire de ma « date » (je vous le rappelle, j’étais accompagné par la mère de ma blonde): Ça m’a fait penser aux Triplettes de Belleville!

Puis vint Antoine Corriveau. Auteur-compositeur-interprète profitant déjà d’une belle vitrine, mais, surtout, beaucoup d’expérience et d’un répertoire étudié, Corriveau était donc l’homme à (ab)battre ce soir et n’allait pas s’écraser contre les planches aussi facilement (désolé, je confonds parfois Francouvertes et lutte WWF).

À peine monté sur scène, l’homme de St-Maurice/Logan allait s’emparer du public et happer l’ambiance. Après le tour de chant de Toussaint-Léveillé, un sombre nuage planait au-dessus du Lion d’Or alors que Corriveau et ses collègues s’élançaient dans une prestation plutôt laborieuse, lourde même, contrastant avec les concerts souvent proposés par les concurrents des Francouvertes. « Oui, c’est un concours, mais c’est aussi un show, alors on s’en calisse » allait notamment lancer Corriveau avec nonchalance en fin de parcours (je paraphrase, mais bon). Tout était dit.

Chanteur à la voix caverneuse qui suscite tantôt Fersen, tantôt Lavoie (c’est un compliment, j’adore le timbre de Daniel. « Je voudrais voir New York », quelle toune quand même!), Corriveau a connu quelques accrocs en entamant des notes hautes alors que ses musiciens mettaient de l’avant leur talent, au grand dam de leur prestance sous les feux, mais se reprend avec des chansons aux textes soignés et aux mélodies atmosphériques. « Ça, c’est une toune pour faire un road trip avec une pelle pis un cadavre dans le coffre », me suis-je surpris à penser entre deux accords. « Mieux encore, j’ai déjà la pelle… »

Malgré une approche déglinguée qui aurait pu rebouter certains curieux, Corriveau s’emparera de la seconde place.

Commentaire de ma « date »: J’ai beaucoup aimé ses textes. Assez pour passer mon temps à lire les textes à mesure plutôt qu’à le regarder chanter. »

Puis un coup de fil dans le lobby, puis une mauvaise nouvelle, puis le cerveau qui s’emballe devant 147 scénarios catastrophes – et une fin rêvée avec le monde qui font du « slow clap » pour se garder un fond d’optimisme-, tiens donc, Simon Kingsbury vient clore la soirée.

En 2010, mon collègue Kevin Laforest comparait XXIe siècle de Lac Estion (le groupe qui a fait connaître Kingsbury) au Pinkerton de Weezer. Bien que je demeure convaincu que Kev’ consomme des drogues qui terrasseraient Keith Richards pour se permettre des comparaisons du genre, je dois tout de même avouer que je peux, des mois plus tard, constater quelques rapprochements. Tout comme Rivers Cuomo à l’époque, Kingsbury se dénude sur texte, avec toute la beauté et la laideur que l’exercice impose. Évidemment, sa poésie pourrait être plus élaborée et délaissé un brin son nombril, l’essentiel est là : ses rimes frappent et vont droit au cœur.

Ainsi, malgré certains morceaux qui nous donnent l’envie de l’accrocher dans un coin pour lui demander « Dude! T’es-tu correct? J’veux dire, es-tu VRAIMENT correct? » Kingsbury proposait une prestation énergique et charmante, profitant d’une sélection étudiée de ses pièces solos (on commence en grand, on s’offre un petit moment mollo, puis on termine avec « Feu d’artifice », un incroyable ver d’oreille qui vient et repart depuis le lancement de son maxi en 2011.

Seule ombre au tableau : il portait des bas rouges « pour souligner la Saint-Valentin ». Quel « fashion faux pas »!

Donc, en additionnant un public conquis (d’avance?), un tour de chant sans grande faille, une personnalité vibrante, une chimie sympathique avec ses collègues et des mélodies suscitant autant Beau Dommage que Malajube (juré, craché!), Kingsbury et ses bas rouges se retrouvent au zénith du classement.

Commentaire de ma « date » : Il forçait sa voix en titi par moments!

On se retrouve donc mardi prochain avec Mélanie & Stéphanie Boulay, Benoit Morier (le drummeur de Sarah Toussaint-Léveillé, justement) et Francis Faubert

Pour avoir plus de détails sur les groupes et les soirées à venir, on vous a préparé un ‘tit dossier à ce sujet y’a quelques jours. On clique ici pour le consulter!
6 commentaires
  • Claudia
    15 février 2012

    Si tu veux qu’on joue aux jalousies de cour d’école: celui qui le dit, c’est celui qui l’est. Téteux, va !

  • André Péloquin
    15 février 2012

    Téteuse goth. Pardon!

  • Chose, là
    16 février 2012

    Ça représente bien le feeling de la soirée, belle critique.
    Stu moi ou il y avait *beaucoup* de reverb sur Feux d’artifices de Simon?

  • André Péloquin
    16 février 2012

    Pas tant que ça, sérieux. Je crois surtout que c’est mon micro de « caméra » – on parle quand même d’un iPhone, pas d’une session Bande à part – qui déconne un brin.

    Ou c’est les bas rouges de Kingsbury…

  • [...] Péloquin devrait vous réserver quelques impressions et de fabuleux clichés sur la page du Podmodernisme. Allez jetez un coup d’oeil [...]

  • [...] prévision du prochain tour des Francouvertes, la bande de Poulet Neige vient de mettre en ligne un « clip » pour la [...]

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