BangBang : bangbangblog.com

Podmodernisme

Première soirée des préliminaires des Francouvertes: un joyeux bordel!

André Péloquin
8 février 2012

Après une édition au sein du jury, me revoici au sein du public, coincé entre un observateur d’un label et les parents d’un des musiciens sur scène. La toile se baisse, la vidéo promotionnelle est diffusée. La 16e édition des Francouvertes est lancée… et la « drummeuse » de la pub n’est vraiment pas convaincante!

Pour ouvrir les hostilités (c’est un concours, après tout!) : Pandaléon, un collectif indie pop de Saint-Bernadin, en Ontario, qui – derrière ses allures de groupe de gamins aux yeux de biche et aux bras trop longs – cache un groupe qui a tout de même remporté cinq distinctions lors de la plus récente édition d’Ontario Pop. Y’a-t-il un loup dans la bergerie?

Malheureusement, je n’accroche pas. Malgré son nom de groupe, il n’y aucun panda dans le projet. Pire encore, le jeune collectif patauge dans une sauce indie-brit-pop quelque part entre les ambitions de Muse et la sentimentalité de Coldplay alors que le chanteur Fred Levac suscite les Nevsky, Cormier, Lacasse, voire Lapointe (Pierre, quand même) dans son interprétation maniérée. Le lendemain matin, j’ai tout oublié de leurs pièces. C’est tout dire.

Virtuosité (car ils ont du talent, oh oui) et nervosité obligent, le collectif est stoïque sur scène, livrant une performance plutôt hermétique. Quand les éclairages (très réussis d’ailleurs) ont plus d’intensité que toi, on a un sale problème! Mention à Marc-André Labelle, guitariste du projet, qui a tout de même animé cette nature morte avec son jeu de jambes.

Côté textes, Pandaléon livre des strophes imagées, fluides, mais chargées à blanc. Rien ne s’en dégage, ou si peu.

Verdict final : ta gueule Péloquin, car le groupe occupe présentement la première place du podium. En une soirée, je suis déjà renversé par les résultats. Les 16e Francouvertes s’annoncent comme étant un joyeux bordel!

Puis vint le groupe indie « pop sicle » (leurs mots) Mauves. Mon groupe chouchou de la soirée…

Déjà plus décontrac’ que Pandaléon, Mauves nous a fait oublier le temps de quelques pièces qu’on assistait à une vitrine ou, mine de rien, des artistes se disputent des prix valant des milliers de dollars.

Après « Comme un loir », une pièce quasi post-rock un brin longuette livrée en introduction, Mauves a momentanément mis le public dans la poche arrière de son « skinny jeans » en enchaînant avec « Annie Hall », un hommage (certains diront du copié-collé) à Woody Allen qui cartonne sur les ondes des radios universitaires et communautaires. Côté chant, c’est chambranlant, mais comme je préfère le cœur aux notes justes, je m’en fous pas mal. Bien que leur album m’a laissé de glace – je me rappelle même avoir lancé un « Ouin, le monde de CISM va triper! » à l’époque, honte à moi – le groupe m’a jeté sur le cul « live » en étant, justement, moins liché. Une belle (re)découverte, quoi!

En ce qui concerne les paroles, les textes sont plutôt couci-couça. Le choix des mots est parfois recherché et les histoires qu’ils racontent sont plutôt fluides, mais demeurent un brin drabe (et une joke de couleurs, une!).
Avec l’appui du public et du jury, le groupe détient présentement la médaille d’argent.
Pour terminer la soirée, vint le collectif électro rock Bravofunken

Sûrement le groupe le plus expérimenté du lot, la troupe de choc qui suscite autant Dragonette que Metric (la chanteuse Mélissa Lefebvre a d’ailleurs des airs d’Emily Haines) s’est tout de suite affirmé sur scène avec son tube « Ton cœur est un beat box ». Leur prestation est énergique et admirable… un peu trop même. Même les interventions entre les pièces me semblent chorégraphiées à la virgule près (sauf celle qui est venue couvrir admirablement un problème technique). Un peu plus de spontanéité aurait été souhaitée…

Mentionnons les strophes qui sont à l’image des compositions du groupe : rythmés et amusants. Un chouia trop « adolescent » à mon goût, mais Bravofunken signe tout de même des textes solides.

Alors que je croyais que Bravofunken allait chopper les honneurs, ils se retrouvent en troisième place. Décidément, ma boss chez BangBang va me retirer mon badge, car mes prédictions ne tiennent pas la route.

La semaine prochaine, la Saint-Valentin sera déchirante, car trois artistes que j’affectionne tout particulièrement – soit Antoine Corriveau, Sarah Toussaint-Léveillé et Simon Kingsbury – feront résonner les enceintes du Lion d’Or. Mieux encore, ma « date » sera la mère de ma blonde. On signera donc des critiques à deux la semaine prochaine.

Pour avoir plus de détails sur les groupes et les soirées à venir, on vous a préparé un ‘tit dossier à ce sujet y’a quelques jours. On clique ici pour le consulter!
4 commentaires

Podmodernisme

Blogue d'André Péloquin. C'est pas mal ça!